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CAMERA OBSCURA C'est désormais acquis : en 2007, la gare de Kings Cross à Londres sera le lieu de desserte des trains Eurostar en provenance de Paris et Bruxelles. Mais dans l'immédiat, elle n'est que le point de départ et d'arrivée de ceux traversant le Royaume-Uni dans le sens Nord-Sud – imposante bâtisse se situant à quelques mètres seulement de la Scala où, ce mercredi 18 octobre, se produisent à guichets fermés les Ecossais de Camera Obscura. Prendre l'Eurostar dans le seul but de voir jouer ce groupe s'est rapidement imposé comme une nécessité. Une nécessité matérielle, nulle scène française n'ayant à ce jour accueilli le sextette de Glasgow par ailleurs en passe de devenir objet de culte en Espagne. Mais surtout un ardent désir de se frotter à la réalité de chair et de sang ayant présidé à l'accouchement de l'un des albums les plus transcendants de l'année. Paru au printemps dernier sous un magnifique écrin fleuri, luxueusement produit, "Let's Get Out of This Country" continue de propager un charme fou que de multiples écoutes refusent d'étioler. A l'instar du "Warmer Corners" des Lucksmiths de l'an dernier, il est de ces albums dont l'extrême classicisme pop de façade est miraculeusement vecteur d'émotions inédites et de perspectives nouvelles. Mais plus encore que l'affirmation d'un groupe, il marque l'avènement d'une plume d'envergure, celle de la chanteuse Tracyanne Campbell, signant avec un drôle d'aplomb la totalité des textes et mélodies de ce troisième long format. Coup de chance : c'est en tête-à-tête avec elle qu'il nous est offert de discuter backstage quelques minutes avant le début du concert. Ravissante et tout de blanc vêtue, elle salue d'une accorte poignée de main et paraît habitée de cette même force de caractère dans le civil que par écrit. Autant le dire honnêtement : sans l'absorption préalable de plusieurs whiskys au bar, le seul fait de soutenir son regard eût constitué une tâche insurmontable. "Tracyanne, peux-tu nous présenter sommairement votre groupe, la manière dont les membres de Camera Obscura se sont rencontrés ? Le premier et excellent single issu de votre dernier album, "Lloyd, I'm Ready To Be Heartbroken", propose quelque chose d'assez inédit : la réponse, plus de 20 ans après, à une chanson de Lloyd Cole. D’où est venue cette idée ? Le clip illustrant votre morceau comporte des séquences faisant explicitement référence aux comédies musicales américaines des années 50-60. Par ailleurs, bon nombre de vos visuels de pochette, à commencer par celui de ce single, sont très "cinématographiques". Est-ce une dimension importante dans l'esthétique du groupe ? |
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